Écrire avec les mots, les images et ce qui dérange
Autrice de polar féministe, chroniqueuse littéraire et artiste de récits visuels, j’écris avec les mots, les photographies et les images en mouvement.
Mon travail explore les rapports de pouvoir, les zones d’ombre et les contradictions humaines. De la fiction à la critique littéraire, de la photographie à la vidéo, je cherche à révéler ce que les apparences préfèrent taire.
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Une histoire courte
Enfant, je faisais le pitre en imitant ce que je voyais à la télévision. J’enregistrais des films de série B et tombais parfois sur des merveilles, comme le Dracula de Paul Morrissey, produit par Andy Warhol, ou sur des films d’horreur mêlant science-fiction, délires médicaux et effets spéciaux grossiers.
Les émissions de variétés du samedi soir, avec leurs costumes et leurs confettis, les explorations de mondes sous-marins, les intrigues policières, les meurtres en série et les phénomènes paranormaux faisaient partie de mon quotidien. Je lisais aussi beaucoup de romans d’horreur. Tout ce qui était étrange, sombre ou morbide m’attirait. Ce monde d’images et de récits coexistait avec la vie quotidienne en banlieue.
Je complétais la vidéothèque familiale en même temps que je constituais ma propre bibliothèque. Les supports étaient alors des cassettes VHS, utilisées et réutilisées jusqu’à l’usure. Sur une même bande, on pouvait trouver un film, la fin d’un autre et parfois le début d’un troisième. Les images se saturaient, les couleurs se transformaient et le son commençait à se déformer. Je finissais par associer ces altérations au film lui-même.
Ces enregistrements devenaient mes films de chevet. Je les connaissais par cœur et nous les regardions souvent le dimanche en famille. Je découvrais également les histoires enregistrées par mes parents. Pour choisir les miennes, je devais négocier les cassettes que je pouvais effacer et réutiliser.
Repérer un film dans le programme télévisé était déjà une aventure. La consigne était claire : ne pas agrandir davantage la vidéothèque et se contenter des cassettes existantes. Les étagères étaient pleines et il n’était pas question d’en ajouter. Cette contrainte était devenue un jeu : trouver de la place, faire des choix et continuer malgré tout à explorer des mondes différents.
Les premières fabrications d’images
J’ai commencé par peindre pour produire mes propres images. Je reprenais celles qui m’attiraient et les réinterprétais avec des couleurs vives, parfois presque artificielles.
Je suis ensuite passée à la photographie, qui me permettait de retrouver le geste de l’enregistrement mécanique. Puis la caméra vidéo m’a donné la possibilité d’associer les images fixes au mouvement, au son et à la durée.
Toutes les images de télévision accumulées dans ma mémoire constituaient déjà une matière. J’ai commencé à fabriquer les miennes pour créer un espace qui m’appartenait, un espace sans interruption publicitaire, dans lequel les images pouvaient enfin suivre leur propre rythme.
Le cinéma
En allant au cinéma, j’ai découvert une autre manière de regarder. Les choses, les visages et les corps pouvaient être filmés avec davantage de lenteur. Cette temporalité me semblait plus poétique, même si l’immensité des images projetées me donnait parfois le sentiment d’être engloutie.
L’énergie de mes montages est cependant restée liée à la télévision : l’enchaînement rapide des images, le passage immédiat d’un monde à un autre et la rencontre inattendue de récits qui n’étaient pas destinés à cohabiter.
Peu à peu, mes montages se sont construits autour de deux mouvements : l’observation et le rythme. Je filme ce qui est déjà là, puis je cherche les rapprochements, les tensions et les récits qui apparaissent lorsque les images sont associées.
Les langues et l’ailleurs
Ce que j’ai conservé de la télévision n’est pas seulement visuel. Il y a aussi les voix humaines, les musiques et les bruits de la ville : des voitures en fuite, des conversations à peine entendues, des personnages élégants parlant anglais au milieu d’un décor de polar.
Avec les clips musicaux, l’anglais est devenu une présence quotidienne avant même que je sache le parler. Entendre des mots inconnus me fascinait. Ces sons étaient comme des messages secrets auxquels je voulais accéder.
Plus tard, j’ai voyagé et vécu en Europe de l’Est. J’ai étudié en anglais dans une université internationale et appris suffisamment de hongrois pour affronter la vie quotidienne : obtenir une carte de séjour, comprendre les démarches administratives, ouvrir un compte bancaire, faire mes courses ou envoyer des cartes postales.
L’anglais continue de nourrir mes propres scénarios. Je peux encore m’imaginer dans un polar à Los Angeles, des palmiers en arrière-plan et un rouge à lèvres impeccable. Les chansons de rock restent pour moi des messages sur la vie qu’il faut tenter de déchiffrer. Quant aux projections vues pendant les concerts, elles ont créé un lien durable entre la musique, les images et une forme de bonheur collectif.
Et maintenant
Je suis autrice de polar féministe, chroniqueuse littéraire et artiste de récits visuels.
J’écris avec les mots, les photographies et les images en mouvement. Dans mes fictions, j’explore les rapports de pouvoir, les violences, les silences et les contradictions humaines. Dans mes chroniques, j’interroge ce que les livres révèlent de leurs personnages et de leur époque. Dans mes récits visuels, j’observe la ville, les présences, les corps et les états mentaux.
Je continue à réaliser des vidéos courtes avec des caméras légères et des outils qui me permettent de rester proche du quotidien. Je cherche moins le spectaculaire que les détails, les rythmes et les accidents capables de transformer une scène ordinaire.
D’une forme à l’autre, je poursuis une même recherche : regarder ce qui se joue derrière les apparences et faire surgir un récit là où quelque chose semblait silencieux.
Écrire avec les mots, les images et ce qui dérange.
Parcours artistique et professionnel
Depuis 2013 Création de récits visuels
Réalisation et montage de vidéos expérimentales, photographie, recherche et conception de récits visuels.
Création et développement d’un site consacré aux images, aux vidéos, aux livres et aux chroniques.
Publication et diffusion de travaux photographiques, audiovisuels et éditoriaux sur les plateformes numériques.
Depuis 2021 Écriture et critique littéraire
Écriture de fiction dans le territoire du polar féministe.
Rédaction de notes de lecture et de chroniques littéraires.
Réalisation d’entretiens et participation à des projets éditoriaux et audiovisuels.
2013 Collaboration avec David Turecamo
Collaboration avec David Turecamo, storyteller pour CBS News Sunday Morning à New York : relations avec la presse, traduction, préparation de sujets, tournages et entretiens.
2013 Création du blog
Création d’un espace consacré à la photographie et à la vidéo, puis développement d’une présence éditoriale sur les réseaux sociaux.
2013 Collaboration photographique
Modèle pour le photographe Dean Hanson.
Depuis 2008 Accueil et relation clientèle
Installation à Paris et activité de réceptionniste dans un hôtel trois étoiles.
Cette expérience m’a permis de développer une pratique quotidienne des langues, de l’écoute, de l’observation et de la relation avec des personnes venues d’horizons différents.
2007 Assistante d’éducation
École primaire Pauline Kergomard, Le Havre.
Animation d’ateliers d’arts plastiques, création d’une salle de projection, réalisation d’une vidéo au sein de l’école et accompagnement de sorties pédagogiques.
Formation
2006 — Diplôme national supérieur d’expression plastique
École européenne supérieure d’art de Bretagne, Lorient.
DNSEP obtenu avec une mention pour la qualité plastique. Travail autour de la photographie imprimée, de la projection vidéo et de l’installation.
2006 — École nationale supérieure de la photographie d’Arles
Programme d’échange d’un mois consacré à la photographie argentique couleur.
2004 — Diplôme national d’arts plastiques
École européenne supérieure d’art de Bretagne, Lorient.
DNAP obtenu avec les félicitations du jury. Pratique de la photographie argentique noir et blanc et de l’installation.
2004 — Université Moholy-Nagy d’art et de design, Budapest
Programme Erasmus de trois mois consacré notamment à la sérigraphie sur textile.
2000–2001 — Université d’économie de Budapest
Programme Socrates au sein d’une université internationale d’économie, de commerce, de restauration et de tourisme.
Durant cette période, collaboration de six mois avec le service de communication du Ludwig Museum, musée d’art contemporain de Budapest, autour de la communication destinée à la presse internationale.
1998–2000 — DUT Information Communication
IUT du Havre.
Durant cette formation, expérience de deux mois en médiation culturelle auprès du service culturel du MuMa, musée d’Art moderne André Malraux du Havre.
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A Short Story
As a child, I loved clowning around and imitating what I saw on television. I recorded B movies and occasionally came across treasures such as Paul Morrissey’s Dracula, produced by Andy Warhol, or horror films combining science fiction, medical madness and crude special effects.
Saturday-night variety shows, with their costumes and confetti, explorations of underwater worlds, detective stories, serial murders and paranormal phenomena were all part of my everyday life. I also read a great many horror novels. Anything strange, dark or morbid attracted me. This world of images and stories coexisted with ordinary life in the suburbs.
I added to the family video collection while building a library of my own. At the time, everything was recorded on VHS tapes, used and reused until they wore out. A single tape might contain one film, the ending of another and sometimes the beginning of a third. The images became saturated, the colours changed and the sound began to distort. Eventually, I came to associate these alterations with the films themselves.
These recordings became the films I returned to again and again. I knew them by heart, and we often watched them together as a family on Sundays. I also discovered the stories my parents had recorded. To choose my own, I had to negotiate which of their tapes I was allowed to erase and reuse.
Finding a film in the television listings was already an adventure. The rule was clear: the video collection could not grow any larger, and I had to make do with the tapes we already owned. The shelves were full, and adding more was out of the question. This constraint became a game: finding space, making choices and continuing, in spite of everything, to explore different worlds.
Making My First Images
I began by painting in order to produce images of my own. I took images that attracted me and reinterpreted them using vivid, sometimes almost artificial colours.
I then moved on to photography, which allowed me to reconnect with the mechanical act of recording. Later, the video camera gave me the possibility of combining still images with movement, sound and duration.
All the television images stored in my memory already formed a body of material. I began creating my own images to make a space that belonged to me, a space without commercial breaks, where images could finally follow their own rhythm.
Cinema
Going to the cinema introduced me to another way of looking. Things, faces and bodies could be filmed more slowly. I found this different sense of time more poetic, although the sheer scale of the projected images sometimes made me feel as though I were being swallowed up.
The energy of my editing, however, remained connected to television: the rapid succession of images, the immediate passage from one world to another and the unexpected meeting of stories that were never intended to coexist.
Gradually, my editing developed around two movements: observation and rhythm. I film what is already there, then look for the connections, tensions and stories that emerge when the images are brought together.
Languages and Elsewhere
What I remember from television is not only visual. There are also human voices, music and the sounds of the city: speeding cars, half-heard conversations and elegant characters speaking English in the middle of a crime story.
Through music videos, English became part of my everyday life before I could even speak it. Hearing unfamiliar words fascinated me. These sounds felt like secret messages I wanted to understand.
Later, I travelled and lived in Eastern Europe. I studied in English at an international university and learned enough Hungarian to navigate everyday life: obtaining a residence permit, dealing with administrative procedures, opening a bank account, buying groceries and sending postcards.
English continues to feed my own imagined scenarios. I can still picture myself in a Los Angeles crime story, with palm trees in the background and flawless lipstick. Rock songs remain messages about life that must somehow be deciphered. The projections I saw at concerts also created a lasting connection between music, images and a sense of collective joy.
And Now
I am a feminist crime writer, literary critic and visual-story artist.
I write with words, photographs and moving images. In my fiction, I explore power relations, violence, silence and human contradictions. In my literary criticism, I examine what books reveal about their characters and the times in which they are written. In my visual stories, I observe the city, presences, bodies and states of mind.
I continue to make short videos using lightweight cameras and tools that allow me to remain close to everyday life. I am less interested in the spectacular than in the details, rhythms and accidents capable of transforming an ordinary scene.
Across these different forms, I pursue the same line of enquiry: looking at what lies behind appearances and allowing a story to emerge where something had seemed silent.
Writing with words, images and what disturbs.
Artistic and Professional Experience
Since 2013 Creating Visual Stories
Production and editing of experimental videos, photography, research and development of visual stories.
Creation and development of a website devoted to images, videos, books and literary criticism.
Publication and distribution of photographic, audiovisual and editorial work across digital platforms.
Since 2021 Writing and Literary Criticism
Writing fiction within the field of feminist crime literature.
Writing book reviews and literary criticism.
Conducting interviews and contributing to editorial and audiovisual projects.
2013 Collaboration with David Turecamo
Collaboration with David Turecamo, a storyteller for CBS News Sunday Morning in New York: press relations, translation, story preparation, filming and interviews.
2013 Creation of the Blog
Creation of an online space devoted to photography and video, followed by the development of an editorial presence on social media.
2013 Photographic Collaboration
Model for photographer Dean Hanson.
Since 2007 Reception and Guest Relations
Moved to Paris and began working as a receptionist in a three-star hotel.
This experience has allowed me to develop a daily practice of languages, listening, observation and communication with people from different backgrounds.
2007 Teaching Assistant
Pauline Kergomard Primary School, Le Havre.
Led visual-arts workshops, helped create a screening room, produced a video within the school and accompanied educational activities and school trips.
Education
2006 Master’s Level National Diploma in Fine Arts
European School of Art of Brittany, Lorient.
DNSEP awarded with a special mention for the artistic quality of the work. Practice centred on printed photography, video projection and installation.
2006 École Nationale Supérieure de la Photographie, Arles
One-month exchange programme devoted to colour analogue photography.
2004 National Diploma in Fine Arts
European School of Art of Brittany, Lorient.
DNAP awarded with the jury’s congratulations. Practice centred on black-and-white analogue photography and installation.
2004 Moholy-Nagy University of Art and Design, Budapest
Three-month Erasmus exchange programme, including work in textile screen printing.
2000–2001 Budapest University of Economics
Socrates exchange programme at an international university specialising in economics, commerce, hospitality and tourism.
During this period, I also completed a six-month placement with the communications department of the Ludwig Museum, Budapest’s museum of contemporary art, working on communications for the international press.
1998–2000 University Diploma in Information and Communication
University Institute of Technology, Le Havre.
During my studies, I completed a two-month placement in cultural mediation with the cultural department of MuMa, the André Malraux Museum of Modern Art in Le Havre.